Mieux qu'une simple évolution de style, le Concept A-Class annonce le virage technique que s'apprête à prendre la plus modeste des Mercedes-Benz. Pour mieux contrer ses rivales, la Classe A renonce à l'architecture mécanique "sandwich" qui fit toute son originalité. Mais nuisit à sa rentabilité.
Lorsqu'elle fera son apparition en 2012, la future Classe A s'éloignera un peu plus de la haute silhouette de mini monocorps étrennée par sa devancière de 1996, la Classe A première du nom. Ce sont moins les exigences de la mode qui commandent cette évolution (BMW ne s'apprête-t-il pas à lancer un monospace compact ?) que l'intérêt stratégique d'écarter le double plancher au profit d'une architecture mécanique conventionnelle, meilleur marché.
Encore qu'il faille s'entendre sur la définition du terme conventionnel. Chez un constructeur venu aussi tardivement et de manière si originale à la voiture de tourisme à roues avant motrices, la disposition transversale du moteur conserve un indéniable parfum d'exotisme.
L'anti conformisme de la Classe A originelle — marquée par son moteur pris en sandwich entre deux planchers — était moins le fruit de la volonté farouche de Mercedes-Benz d'échapper à une comparaison directe avec les compactes des constructeurs généralistes que de son ambition à proposer un rapport inédit entre habitabilité et encombrement. Mission que la Classe A accomplit avec éclat.
La troisième génération de Classe A rentrera toutefois dans le rang. Le pavillon surbaissé de l'étude de style dévoilée aujourd'hui le confirme. Il en serait allé autrement si les marques autrefois inféodées à Daimler avaient eu le temps d'adopter sa miraculeuse plate-forme sandwich. Peine perdue. Chez Chrysler aujourd'hui, l'avenir se dessine sur la base de la plate-forme compacte élargie de Fiat S.p.A qui servira de fondement — entre autres — aux remplaçantes des Dodge Caliber et Avenger en 2012 et 2013.
Le dernier partenaire industriel en date de Daimler, le français Renault aurait pu se montrer intéressé par l'architecture des Classe A et B, d'un raffinement certain. Sauf que Billancourt a su mettre à profit dix années d'alliance avec Nissan pour mutualiser l'étude de ses plate-forme. Une réussite que l'allemand est en droit de leur jalouser. L'Alliance franco-nippone se contentera dès lors des soubassements de la future Smart Fortwo pour étudier une mini citadine Renault à moteur arrière.
Le couperet devait tomber. Les grands argentiers de Daimler ne voulaient plus d'une plate-forme qui peine à faire valoir ses atouts de sécurité passive et d'habitabilité au regard de son coût de fabrication. En conséquence, la prochaine Classe A trois portes sera une traction comme les autres, avec un plancher simple qui lui permettra de singer la silhouette deux volumes, basse et trapue des rivales dont jamais elle ne parvint à contester la suprématie. J'ai nommé la Volkswagen Golf et l'Audi A3.
La future Classe B, quant à elle, devrait conserver une silhouette haute et soigner son habitabilité.
La future Mercedes-Benz Classe A étrennera une toute nouvelle plate-forme réputée à la fois plus moderne et meilleur marché, baptisée Modular Front-engined Architecture. Daimler entend amortir son investissement en déclinant pas moins de cinq modèles sur la base MFA : les nouvelles Classe A en carrosseries à trois et cinq portes, la prochaine Classe B à vocation éminemment familiale, un tous-chemins de poche que d'aucuns appellent déjà GLC, ainsi qu'une berline et un break compacts lancés aux basques de la Volkswagen Jetta. Un sacré programme.
En attendant de découvrir la Classe A définitive courant 2012, l'étude Concept A-Class nous offre la confirmation de la forte influence du F 800 Style sur la robe de la future compacte. Elle n'est que nervures et coups de griffes, soulignées par les jeux de lumière sur une peinture façon métal anodisé. Une véritable sculpture roulante.
L'intérieur n'est pas en reste, avec des galbes troublants et une instrumentation futuriste. Le principe d'un smartphone logé au pied de la console centrale et servant à naviguer dans les multiples sous-menus de l'ordinateur de bord devrait trouver son chemin jusqu'à la production en série, quoique sous une forme moins radicale (à découvrir en vidéo).
C'est tout le contraire de l'énième aide à la conduite qu'étrenne l'étude Concept A-Class et dont Mercedes-Benz et Bosch se sont fait une spécialité. Le Collision Prevention Assist joue le rôle d'avertisseur de collision par radar avec freinage d’urgence assisté intelligent, qui réduit les risques de télescopage. Cet assistant prévient le conducteur distrait par un signal sonore et visuel et prépare le freinage d’urgence combiné à une action ponctuelle précise. Celle-ci est amorcée dès que le conducteur appuie franchement sur la pédale de frein.
Sous le capot niche une version du 4-cylindres essence turbo M270 modifié pour passer de sa position longitudinale habituelle à une implantation transversale. Mercedes annonce une puissance de 210 chevaux, transmise aux roues avant via une boîte manuelle robotisée à double embrayage promise à une belle carrière dans la famille élargie des futures compactes à l'Etoile.
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